•   

      

    VAGABONDAGE ARITHMETIQUE

      

      

    Alors que le poète explore le sublime

    Du verbe souverain à l’unique saveur,  

    Le calcul est présent pour plaider en faveur

    Des nombres décimaux arrondis au millime.

     

    Devant l’austérité du quotient euclidien,

    Je choisis la virgule et son petit cortège ;

    Face à l’imprécision que la rondeur protège,

    Le décompte infini charme le quotidien.

     

    Mais l’embellissement n’est pas dans la coutume,

    De la science algébrique et des droits essentiels ;

    Petits êtres chassés des actes officiels,

    Les restes de fraction s’enfuient, sans amertume.

     

    Je rêve, quelquefois, d’un absolu trésor :

    Ô magique profil, figure arithmétique,

    Façonné dans la pierre ou sous la plume antique,

    Célèbre pentagone : éclatant nombre d’or !

      

     

     

    Aline MUSCIANISI

     

     


    votre commentaire
  • COUCOU !

      

      

    L’usage veut, dans un courriel,

    Qu’apparaisse l’objet en tête :

    Symbole flou, pour être honnête,

    D’un schématique rituel.

     

    « Coucou ! » n’est ce pas magnifique

    Pour épancher tout un esprit ?

    A quoi sert encore l’écrit

    Devant ce vocable authentique ?

     

    Assurément bel annonceur

    D’une allégresse originale,

    Il résonne en tape amicale :

    Vraiment, c’est un sacré farceur !

        

     BRAVE MARGUERITE   

      

     

    Sur un tapis de trèfle, enivrant et coquet,

    Gambade d’allégresse une fleur délicate,

    Jouant dans le zéphyr jusqu’au petit bosquet

    Où s’envole, soyeux, un parfum d’aromate.

     

    Son regard irréel explore le lointain

    Dans la brume naissant de l’aube qui grelotte,

    Et son épais manteau de cuir noir et châtain 

    Vaut mieux que la chaleur d’une bonne bouillotte.

     

    Vaillante et généreuse, elle offre son nectar,

    Cascade nourricière à la teinte opaline,

    Et sa chair succulente en éternelle star

    D’un barbecue exquis sur fond de mandoline. 

      

      

      

      

      

      

           Aline MUSCIANISI

      

       

     

     

     

     


    votre commentaire
  •   

    VISITE SURPRISE      (Triolet) 

     

    J’ai vu ce matin huit mésanges 

    Se toiletter dans un buisson, 

    Parant leurs becs de douces franges. 

    J’ai vu ce matin huit mésanges. 

    Ces jeux semblèrent bien étranges, 

    Ponctués d’un tendre frisson. 

    J’ai vu ce matin huit mésanges 

    Se toiletter dans un buisson. 

     

    La plus vive s’est approchée, 

    Clignant d’un œil au fin bandeau. 

    Quand sur elles je fus penchée, 

    La plus vive s’est approchée. 

    Sans crainte, laissant la nichée, 

    Ah vraiment, quel joli cadeau ! 

    La plus vive s’est approchée, 

    Clignant d’un œil au fin bandeau. 

     

    Mais bientôt le charme se brise, 

    Si court est le temps d’un regard 

    Et dont l’intensité nous grise, 

    Mais bientôt le charme se brise. 

    L’oiseau se sépare, ô surprise , 

    D’une plumette à mon égard. 

    Mais bientôt le charme se brise, 

    Si court est le temps d’un regard.

      

      

    Annette RUFLET

     


    votre commentaire
  •   

      

      

      

    L’AMOUR À LA SAINT VALENTIN                           Acrostiche 

     

     

    Le cristal du temps se fige, magique.

     

    Ames fusionnées de nos silhouettes confondues,

    Mots gourmands chuchotés,

    Oeil pailleté, regard piégé sans réticence,

    Union en un langoureux baiser,

    Rosée abandonnée sur nos lèvres desserrées…

     

    Amour et marivaudage…

     

    Lovée dans l’ombre apaisée de ton corps:

    Amants en devenir…

     

    Sensualité alanguie, connivence fébrile,

    Appétence exhalée en ressac,

    Incertitude envolée de mon cœur chaviré.

    Nichée, au creux de ton corps

    Troublants aveux susurrés…

     

    Vibrer sous le velours de tes mains, vertiges des caresses enchevêtrées,

    Attente d’un frémissement, en miroir,

    Le frisson furtif suscite le frisson, dans une exquise étincelle,

    Effleurements en cascade, enlacements moelleux, étreintes passionnées…

    Noyés, éperdus dans un abandon extrême,

    Troublés, nos corps ployés, affamés, se dévoilent, naufragés impudiques.

    Ivresse, émois, préludes d’une longue nuit indécente;

    Néant convoité. Sombrer fracassés dans la bourrasque de nos désirs victorieux…

     

     

    LE DÉSAMOUR 

     

     

    L’amour à la Saint Valentin,

    Essoufflé, étiolé…

     

    Dilué dans l’absence, le divorce incisif,

    Enseveli dans les larmes, les sanglots.

    Sentiment fugace, fugitif,

    À jamais éteint;

    Maux irréversibles dus au mots acérés, acerbes, caustiques;

    Oubliées tendresse et passion…

    Utopie, illusions, duperies douloureuses,

    Rêve chimérique, sans unisson…

      

      

    Paulette CANTAN-GRISON

    1er Prix Poésie libérée

     


    votre commentaire
  •    

    UN SOIR À L’OPERA

     


    Costume et robe longue, apparat de soirée,
    La foule mélomane affluait sur le seuil
    Et déjà frémissait en rêvant à l'accueil
    Des marbres délicats d'une salle dorée.

    Loin de l’effervescence, une porte feutrée
    Cachait un escadrin* contournant cet écueil.

    Pendant l’ascension qui menait au fauteuil

    Nous espérions du chant l’éloquence sacrée.


    Parvenus à l'Eden s’offrait un récital :

    Le miroitement fou des ors et du cristal,
    Sous le regard ému d'une voûte d'archanges.

    Un velours d'irréel glissait, majestueux,     

    Sur ce monde lyrique aux vocables étranges

     Enivrant notre esprit de refrains somptueux.

      

    *Escadrin : escalier

     

    Aline MUSCIANISI

                                                                                 3ème Prix Poésie Classique


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique