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    (quatre-quatre rondelé)

     

    RENCONTRE A LA FETE AU VILLAGE

     

    Houlette à la main, brebis au pacage,

    Chêne colossal, sens mon désarroi !

    Mon coeur cogne fort, cet amour en cage

    Pour un pastoureau galant tel un roi !

     

    Il m'a regardée, un jour, au bocage,

    Avec un sourire. On ne sait pourquoi

    Légère on se sent pendant la polka,

    Houlette à la main, brebis au pacage...

     

    J'entendis soudain, "Petite apsara,

    " A-t-il un promis, ce tendre visage ? "

    "Tu me répondras, comme il est d'usage !"

    Chêne colossal, sens mon désarroi !

     

    Chêne, arrive-t-il par le marécage ?

    Surprise, charmée : ici, lui, déjà !

    Derrière ton fût, mimant mahradjah,

    Mon cœur cogne fort, cet amour-en-cage !

     

    Sans perdre un instant, il me manoeuvra !

    Mais n'étant encline au libertinage,

    Je réserverai mon seul apanage

    Pour le pastoureau qui m'épousera !

     

     

    Germaine Cartro

     


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    JUIN 2016: LES FRUITS

     

     

     

     

     

    FANTAISIE GOURMANDE

     

    J’aime la fraise et la groseille,

    La cerise en pendants jolis,

    La framboise… rien qu’en coulis,

    Mais sans frein le fruit de la treille ;

     

    Je savoure poire ou brugnon ;

    La pomme, que votre sagesse

    Épluche, épépine, et dépèce,

    Je la croque jusqu’au trognon ;

     

    Quant aux tendres chairs de la figue,

    À ses grains menus sous la dent,

    Au nectar de son cœur fondant,

    La guêpe avant moi s’en fatigue.

     

                          Marie-José Bertaux

     


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                                    NUIT FACTICE

      

                Dans l’hémisphère sud où décembre s’enivre

                Sous l’alizé si doux, d’un ti-punch avalé,

                La Matinik1 attend Jésus auréolé,

                Céleste heureux présage écrit sur le Grand Livre.

     

                Noël veut, du jumeau2, qu’il se couvre de givre,

                Emmielle sa farine et cuise un pain moulé

                Aux épices : cannelle, anis vert étoilé,

                Quand les joyeux santons, vers la crèche vont suivre.

     

                Filaos et sapins, prêtez tous deux vos bras !

                Célébrez l’enfant-dieu sans le moindre embarras,

                Face à la mer turquoise ou la cime neigeuse.

     

                Quel site bien choisir, nordique, tropical ?

                Toujours brille au-dessus, géante Bételgeuse3,

                Inaccessible paix en ce monde bancal.   

                            

                                                                 Michèle GRISCELLI                          

       

                1 – La Martinique, en créole martiniquais.

                2 – L’autre hémisphère : nord.

                3 – Etoile supergéante rouge dans la constellation d’Orion.

     


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  • ADIEU

       

    Vous me quitterez, vous aussi ;

    Adieu, vos yeux couleur d’eau claire,

    Adieu, le rêve de leur plaire,

    Adieu, douces mains sans merci !

     

    Rien ne nous appartient ici,

    Dit la sagesse populaire :

    Vous me quitterez, vous aussi,

    Adieu, vos yeux couleur d’eau claire !

     

    Tout s’évapore au vent transi,

    Le temps s’affole et s’accélère,

    Adieu, tristesse, adieu, colère,

    Toi, la crainte, et toi, le souci,

    Vous me quitterez, vous aussi…

     

    Marie-José Bertaux

     

     

    L’adieu

     

    Lorsque je m’en irai dormir dans les nuages,
    D’un sommeil d’où mes yeux ne pourront plus partir,
    Voisine du soleil dans les grands paysages,
    Je volerai, pour toi, son regard de saphir.

    Sous les pins parasols, mes ailes de cigale
    Rafraîchiront ta peau de leur frou-frou marin.
    Je serai voyageuse aux routes sans escale
    D’un été que l’oubli cache dans son écrin.

    Le frisson des voiliers flottant sur le silence,
    Te rappelle les plis du foulard de crépon
    Que tu m’avais offert, au retour de Florence ;
    « Il me protègerait de ce mistral fripon ».

    Dans l’appel de la mer, dans le vol des mouettes,
    Entendras-tu ma voix te dire, doucement,
    Ce poème d’en haut jetant les silhouettes
    D’étoiles et d’oiseaux, vers ton ciel de froment.

    Sur terre, coulera, longtemps, notre rivière.
    Désormais, dans le sable où se perdent tes mains,
    Tu crois toucher mes doigts qui cherchent la lumière
    D’un autre jour aimé sous l’odeur des jasmins.

    En dépit des conseils d’une gamme mineure,
    Tes notes de piano picorent, sans répit,
    Les alpages du ciel, ma dernière demeure,
    Patinés par l’azur d’un rêve décrépit.

    Mon visage se penche au bord de ta mémoire,
    Le souvenir l’emporte à petits pas menus.
    Dans l’olivier lustrant son feuillage de moire,
    Je t’écouterai vivre en tous nos lieux connus.

     

    Marilène Meckler

     

     


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    JUIN 2015 : LUMIÈRE(S)

     

     

     

     

     

     DUNES

     

                                       Aux sèves d’ambre et d’or des oasis de lumière,

                Lovés au creux de vos silences,

                Vos corps de sel aux embruns d’ocres et de feu,

                Chair pulpeuse de fruit mûr,

                Frissonnent vers l’impalpable du rêve

                Sous la harpe étoilée des vents bleus du désert.

                Et vos souffles, jusqu’aux arômes du temps,

          Sous les mantes rougeoyantes des ciels d’été

          Essaiment les goûts sauvages de l’écume enlisée.

                Aux laines vives des manteaux d’aurore,

                Les poussières de lune tissent les mâts rosés

                De vos grands lits d’ivoire.

                Et dans vos vagues chaudes,

                S’épousent des fleurs de sable 

                Sous l’étreinte moirée des soleils ondulants

                Jusqu’à l’extase sublimée,

                Jusqu’à l’onde mythique craquelée d’azur.

                Et vos flots crépitants

                Dans cet océan de murmures où se fige la vie,

                Dansent au pourpre des limons,

                Dénouant leurs chevelures de braise

                Dans la blondeur charnelle enlacée,

                Abreuvant les jarres des puits oubliés

                Aux sources du Monde…

     

                                                                           Anne-Marie Vergnes

     

     

    JUIN 2015 : LUMIÈRE(S)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Vertige

    Comme Phénix aux ailes de feu
    Tu inondes le ciel de ta lumière
    Pareille à cet oiseau fabuleux
    Tu décores les nuées de tes éclairs

    Te rapprochant plus encore des étoiles
    Tu dardes l'espace de tes flammes dorées
    Jetant sur le monde un étincelant voile
    Illuminant ainsi océans et vallées

    Maîtresse éternelle de mes nuits
    Que tu embrases de tes chaudes couleurs
    J'aime te voir danser avec la pluie
    Dont chacune des gouttes reflète tes rougeurs

    Pyromane de la voûte céleste
    Et de toutes les terres où se fige
    Ce que tu frappes, comme la peste :
    Ô toi Fulgure, qui me donnes le vertige !

    Lorsque j'observe les gerbes que tu lances
    Tel un ardent soleil projetant ses rayons
    Au milieu des nuages qui s'avancent
    Au-dessus d'un monde... en perdition !

    Richard MAGGIORE

     

    JUIN 2015 : LUMIÈRE(S)

     

     

     

     

     

    Bien le bonjour l'artiste 

     

    Le bel astre du jour dans mon oeil s'incrustant,

    Un savant médecin je m'en vais consultant,

     

    Heureusement chaussé de ses lunettes noires,

    Il s'empare aussitôt de ses fameux grimoires,

     

    Ecoutons bien l'avis du sage praticien

    Avec la ferveur d'un rigoureux cistericien.

     

    « Mon ami, me dit-il, un peu de patience,

    Et ne faites pas fi de ma vaste science,

     

    Je n'ai jamais rien vu d'aussi blond et vermeil

    Logé dans un regard : ce rayon de soleil ! »

     

    Le docteur courageux se mit alors en quête,

    D'en faire sans tarder sa plus belle conquête.

     

    En extrayant hélas cet astre radieux,

    Foudroyé sur le champ, il monta dans les cieux.

     

    S'il vous arrive aussi, de voir cette lumière

    Dans le fond de votre oeil, nul besoin d'infirmière,

     

    Demandez au soleil d'entrer dans votre coeur

    Pour bien le colorer, aux teintes du bonheur,

     

    Accueillez le toujours comme un bon aubergiste,

    En lui disant heureux : bien le bonjour l'artiste !

     

    Georges Lafon

     


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