• PLUIE

     

    PLUIE      

     

    Qu’enfin vienne l’averse, et le monde sourit !

     

    Sous les rayons têtus de matins sans nuage,

    Devant le champ désert, l’œil s’effare et s’aigrit

    À scruter un ciel pur où jamais ne s’inscrit

    Du déluge espéré le vaporeux présage.

    La terre meurt de soif, poussière ou dur damage,

    La graine s’y perdra, le germe y dépérit.

     

    Mais enfin vient l’averse, et le monde sourit !

     

    Dans la molle moiteur le grain prenant courage,

    La semence a gonflé, la pousse s’aguerrit,

    La tige mince perce en valeureux conscrit

    La motte qui succombe aux assauts de l’orage ;

    Bourgeons, dépliez-vous, déplisse-toi, feuillage !

    Qu’en vos neigeuses fleurs, cerisiers, notre esprit

    Rêve les fruits de miel qu’empourpre et que nourrit

    Du soleil avec l’eau le juste mariage !

      

      

     


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