• OCTOBRE-NOVEMBRE 2014: VOYAGE

     

         

    Le voyageur

     

    J'ai parcouru tant de terres
    Visité tant de villes
    Croisé mille univers
    Où les étoiles défilent

    J'ai vécu tant de rêves
    Connu tant de vies
    Où d'ardents soleils se lèvent
    Au milieu de mes nuits

    J'ai traversé tant de mers
    Couru tant de chemins
    Mêlés de sang et de fer
    Où s'ébattent hommes et requins

    J'ai marché sur tant de routes
    Voyagé sur nombre de nefs ;
    Du cœur de la céleste voûte
    Je vois la Terre et ses reliefs

    J'ai passé tant de ponts
    Côtoyé tant de rivières
    De diamants et d'éons
    Au rythme de mes prières

    J'ai suivi tant de voies
    A travers maints paysages
    Où je pensais être le roi
    D'un monde aux cent visages :

    Entre enfer et paradis
    Ciel bleu et gris nuages
    Pluies d'orage ou éclaircies :
    Réalités ou mirages...

    J'ai arpenté tant de rues
    Dans d'étranges cités
    Frôlé des corps inconnus
    Et des âmes esseulées


    J'ai gravi tant de montagnes
    A l'ombre des glaciers
    Battu maintes campagnes
    Sous d'obscures nuées

    J’ai sillonné l’Espace
    Et son vaste horizon
    Y cherchant une place
    Où inscrire mon nom

    J’ai foulé des contrées
    Aux allures d’Eden
    Conquis des trajets
    Entre Hélios et Géhenne

    J’ai fait du globe le tour
    Epique aventure
    Pris de nouveaux détours
    Jusqu'à ta belle figure

    Dès lors, j'ai atteint mon but
    J'ai enfin saisi le sens
    De toute ma lutte :
    Rien d'autre qu'une danse... ;

    Je suis le voyageur
    Quérant de neufs territoires
    Aux insolites couleurs
    Auxquelles on ne peut croire

    Je suis le visiteur
    De vallées inconnues
    Où mon esprit rêveur
    Se jette à corps perdu

    En quête d'éternité
    Où résident les vraies valeurs
    Dont je serai le messager
    Car je suis... le voyageur !

     

    Richard MAGGIORE

     

     

     

      MON PLUS BEAU VOYAGE *

     

    Ma jeunesse a dansé tout près de Bahia

    Au fond de nulle part, dans cette étrange école

    Où l’être insoucieux sans cesse batifole

    Envoûté, martelant l’intrépide samba.

        

    Sous le regard d’Éros, dans l’Acropole antique,

    Un dieu me prit la main dans un fou  sirtaki

    Dont l’amoureux tempo, je le sais aujourd’hui

    M’entraîna dans l’envol d’un  oiseau romantique.

     

    La sagesse est venue en découvrant  Bouddha

    Dans l’incroyable Eden de cette île céleste.

    J’en devins le disciple et, sans que je proteste,

    Mon cœur connut un rêve appelé Sri Lanka.

     

    J’ai poursuivis ma route au pays de mon Père,

    Scandé la tarentelle, aimé le bel canto.

    Du chant des gondoliers, je porte en moi l’écho :

    Mon être s’est senti l’enfant de cette terre.

     

    En effeuillant mes jours devant tant d’horizons,

    D’exotiques parfums  j’ai bu jusqu’à l’ivresse…

    Mais il est un pays d’où s’enfuit la détresse,

    Qui, seul, peut nous offrir toutes les déraisons.

     

    Quand ma course a pris fin, le firmament rêveur

    Vint embraser mon âme en douce apothéose ;

    Si je ferme les yeux, tout se métamorphose :

    Aujourd’hui je voyage en mon «  intérieur. »**

     

    **« en son intérieur » (Montaigne) :  

     

    *Le voyage intérieur

     

    Mireille TURELLO-VILBONNET

     

     

    Au  fil  de  Toulouse

     

     

    Tuiles et briques à foison,

    Quels beaux atours pour la maison,

    Ces matériaux d’apothéose,

    Vont habiller la ville en rose.

     

    Près du pont neuf au fil de l’eau,

    Pas de goujon ni maquereau,

    Qui nage alors et qui parade ?

    Le doux reflet de la Daurade !

    .

    Voici venir le vent d’Autan !

    Fuyons l'accueil de ce titan,

    Certains  réclament sa tempête,

    Chassant les cornes de leur tête.

     

     Dans le jardin nommé Grand Rond,

    Il ne reçut pas un seul rond,

    Ce mendiant fut notre idole,

    Lorsqu'il chantait au Capitole. 

     

    Dégustez donc  le cassoulet,

    En choisissant le flageolet,

    Puis contre les gaz qu'il rejette,

    Toulouse offre sa violette.

     

     

    Georges Lafon

     

     

    DE PASSAGE

     

    Touriste de passage,

    Fûtes-vous enfant sage

    À peine remarqué,

    Pourtant bien éduqué ?

    Sous les cieux diluées

    De mépris saluées

    Les filles sur les plages

    Jamais assez volages ;

    Au terme du voyage

    L'heure du verbiage :

    Leur rappel déplacé

    En votre coeur lassé

    De folles nuits d'ivresse, 

    Vos départs sans adresse ;

    Vous n'aurez jamais vus

    Et pas même entrevus

    Les beautés de nature,

    Les braves, la culture ;

    En hiver blanches neiges :

    Vous ne fûtes que pièges...

    Le chalet accueillant,

    Le regard bienveillant,

    La chaleur de la braise

    Le mot pour mettre à l'aise

    Vous aurez ignorés

    Toujours accaparés,

    Par votre personnage,

    Un jour vaincu par l'âge

     

    Vous n'aurez engrangé ;

    Jamais encouragé ;

    Votre vie : un passage,

    Dégradé par l'usage...

     

    Germaine Cartro le 11/11/14

     

     

     

     VOYAGE EN MON MUSÉE
     
    Visitez mon musée - extases  poétiques -
    Où s'active ma muse, elle agence des mots,
    Ici, là, collectés ainsi que des émaux  ;
    Euterpe approfondissant des arias mystiques...
     
    Solidaires, leurs soeurs, les aident, lunatiques,
    Selon leur bon vouloir, mais surtout leur talent :
    Eloquente Calliope au geste pétulant,
    Polymnie en chansons, mélopées emphatiques.
     
    L'inspirée Erato  suit avec un sourire : 
    La comique Thalie  adorant la voir rire ; 
    Melpomène, tragique, a ce terrible don
     
    De conter des crimes, d'affreuses vilenies ; 
    Clio l'historienne, incrédule dit :"NON !?"; 
    Terpsichore la nuit danse avec Uranie...
     
                                      Germaine CARTRO 

     

         A   F L E U R    D’ Î L E                        

     

         Partir le long des fleuves, s’offrir à la mer

         Un soir de brise chaude au parfum de voyage,

         Toucher du fond des yeux l’espace doux-amer

         Où s’abîment les nuits au sel blanc du mirage.

     

         Glisser à contre-grève à l’ourlet bleu du vent

         Pour rêver d’autres ports, pour aimer d’autres terres,

         A fleur d’île, là-bas, plus loin vers l’orient,

         Se brûler de soleil à d’autres hémisphères.

     

         Migrer vers un ailleurs où le temps n’a plus cours

         Quand s’éclaire aux grands ponts des aurores du monde

         A la voile éolienne le cœur à demi-jour

         Et que se rive au corps l’écume vagabonde.

     

         Partir l’âme nomade et s’enliser au ciel

         Nourri du lait marin des jarres océanes,

         Bruni de liberté au flux de l’immortel

         Et lire au front des jours l’exode en filigrane.

     

         Glisser à contre-grève à l’ourlet bleu du vent,

         A fleur d’île, là-bas, plus loin vers l’orient.

                            

                                                                                                                     Anne-Marie Vergnes

     

     

     

     

    Carnet de voyages

    Approcher le silence, la vie, les couleurs,
    Au jour le jour,
    Feuille après feuille,
    Figer l'instant, l'émotion.
    Graver sur le papier, les longs chemins de traverse.
    Graver l'aventure qui mène vers la crique sauvage
    Aux rochers constellés,
    D'ocre et de gris de Payne.
    Barbouiller la feuille d' images et de mots,
    Esquisser l'inattendu d'un chemin de bohème,
    Croquer les visages d'enfants
    En pleine lumière,
    Sur une plage de sable
    Et les rencontres éphémères
    D'un petit port de pêche.

    Raconter ce paysage entre terre et mer,
    Terre et ciel,
    Au détours d'une venelle,
    Crayonner les roses trémières, les maisons blanches,
    Les volets bleus... L'île de Ré
    Et laver la couleur du ciel,
    D'une aquarelle tendre.

    Feuille après feuille,
    Peindre, écrire Venise, La Sérénissime.
    Ébaucher les reflets roses des palais
    Dans l'eau du canal,
    Les ombres qui s'échappent, fuyantes,
    De ses ruelles étroites et sinueuses,
    La Piazza San Marco
    Et la légende du Pont des soupirs.

    Ce soir, invitation au rêve.

    Je contemple une esquisse croquée sur le vif
    Et les mots tracés à l'encre noire.
    Ils murmurent à l'horizon de chaque page
    Un souvenir de voyages.


    Martine Gava-Massias

     

     

    Au pays Navajo  

     

     Au pays Navajo, quand tu t’endormiras,

    Sous les plumes du cercle attrapeur de beaux rêves,

    Un géant de grès rouge, aux bras comme des glaives,

    Défendra le sommeil où tu te berceras.

     

    Là, je te rejoindrai, moi l’oiseau de passage,

    Ivre de plaisirs vains et de vols sans retour.

    Mon aile de turquoise aura caché le jour

    Dont les esprits mauvais noircissent le message.

     

    Sur les sables brûlants, les dieux ont dessiné

    Ton visage sauvé des légendes perdues

    Pour dévier mon regard des rives défendues

    Et me rendre aussi pur qu’un tendre nouveau-né.

     

    Mes baisers rougiront ton front de blanc satin ;

    Reviendra l’harmonie aux voix de sources fraîches,

    D’un geste affectueux, baigner tes longues mèches

    Que les braises du vent frôlaient chaque matin.

     

    La danse du chamane, au milieu de la nuit,

    Pourra voir l’horizon s’allonger sur ta couche

    Puis tremper ses couleurs au souffle de ta bouche :

    L’infini ravivé nous unira, sans bruit.    

      

     

                                                                                                              Marilène Meckler

                                                    Extrait du recueil « Derrière l’éventail de plumes »

     

     

     

     

     

    L’ÎLE DE KIJI                                      Sonnet

     

    Myriades d’ilots engloutis dans la brume,           

    L’Onega pour écrin, refuge intemporel,               

    La Carélie expose un décor irréel                        

    Au seuil de la mer blanche où se fige l’écume.  

                           

    Seulement accessible avant que se consume   

    Le soleil de l’été dans ses parfums de miel,       

    Véritable trésor au cœur de l’archipel                 

    L’église de Kiji bannit toute amertume.  

                           

    Chef d’œuvre sculptural façonné dans le bois    

    Sans qu’aucun clou n’altère un savoir d’autrefois,

    Assemblage parfait de sapins et de tremble.     

               

    Ses dômes comme un cierge argenté sur l’azur

    Offrent aux voyageurs la chaleur d’un « ensemble »

    Quand bien même le temps n’aurait plus de futur.         

     

    Aline MUSCIANISI

     

     

     

     

    OCTOBRE-NOVEMBRE 2014: VOYAGE

     

    PARTIR                                         Sonnet lozérien

     

    Quand devient insondable un bonheur enlisé                

            Par trop de servitude,                                                

    L’heure s’immobilise, amère lassitude,                                

    Sur le cadran brisé.   

                                                                                                   

    Le paysage éclos du rêve tamisé                                

            Comme un bel interlude,                                            

    S’impose brusquement, vitale certitude,       

    Au cœur désabusé.                                                   

     

    Partir et s’émouvoir, prendre de l’altitude…                   

            L’exil improvisé                                                        

    Permet de ressentir la vie en plénitude.                               

     

            Du désert reboisé,                                                    

    La belle évasion déjouant l’habitude,                          

            Perle un souffle apaisé.                                             

     

     

    Aline MUSCIANISI

     


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