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                                                              PROMENADE DU VENDREDI 

                                                                                                                  Amor Fati…

      

                                              La campagne est si pure en ce matin d’été,

                                              Les champs d’orge et d’avoine ondent près des cépages ;

                                              Sous le soleil, les fleurs, multiples et sauvages,

                                              Offrent un arc-en-ciel aux vergers en beauté.                             

                                      

                                              Tout proche, un petit bourg sur un mont argenté

                                              Remémore l’histoire et les terroirs si sages

                                              De notre beau pays, comme tant de villages :

                                              C’est un recoin d'Europe empreint de majesté.  

     

                                              Les fidèles nombreux s’en vont chercher la grâce,

                                              Des premières maisons jusqu’à la grande place,

                                              Où trône un monument - magistral - presque neuf,

     

                                              Gardien des temps de paix - nouveaux - qu'il symbolise…  

                                              Nous sommes en juillet deux mille cent vingt-neuf ;

                                              Une mosquée, au centre, a remplacé l’église.

      

                                                                                     Septembre 2013

                                                                                                    

                                                                                Olivier GARDEL-DUBOIS

                                                                               (In "Les Voix Silencieuses")

                                                                                     

     


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    LE VOYAGE À REBOURS 
     
     
    J’ai traversé la Crète à dos de mule anglaise, 
    Fracassé jusqu’aux os, mais frôlant les ravins ! 
    J’ai vécu sous la yourte où, malgré la fournaise, 
    Le désert de Gobi s’offrait tous les matins. 

    J’ai gravi des sommets sous les eaux diluviennes, 
    Des pics de l’Everest aux glaciers du Mont-Blanc ; 
    Je me suis prélassé dans les mers coralliennes 
    Du Brésil éclectique ou du Tonkin vibrant. 
     
    J’ai rejoint des sérails parsemés dans les plaines, 
    Les minarets de Fès et de Casablanca, 
    J’ai su les algues d’or des grottes souterraines ! 
    Et pourtant j’ai douté sous l’ombre d’un yucca… 
     
    Revoir Paris ! – enfin ! – et la Seine éternelle 
    - Ultime eldorado sans besoin de détour, 
    Aux reflets dans tes yeux dont l'éclat me rappelle 
    Que le plus beau voyage est celui du retour.

     

     


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    LES FILLES D’APOLLON

     

     

    Pluton, planète sourde aux lueurs éternelles,

    Purgatoire glacé dans l’antre du courroux,

    Cerbère est le gardien des larmes solennelles,

    Du râle des errants qui meurt à tes genoux.

     

    Neptune, roi des flots, parcourus de tempêtes,

    Seigneur du précipice et des chevaux fervents,

    Qu’assistent les Tritons, leurs conques en trompettes,

    Soufflant des oraisons pour apaiser les vents.

     

    Uranus, fils trahi par la faux de l’inceste,

    Auteur de l’appétit des Titans, demi-dieux,

    Ton sang ne cessera d’engendrer cette peste,

    Qui ravage les corps jusqu’aux portes des cieux.

     

    Saturne, anneaux blondis brodés de fine glace,

    Exilé ténébreux vénéré des Latins,

    Ton règne de splendeurs loin du massif vorace,

    Resplendit sur la vigne et le mont des Sabins.

     

    Jupiter, souverain de toutes les lumières,

    Partout où le tonnerre entraîne ses échos,

    Tu surgis, sous l’éclair, pour porter aux chaumières

    L’engagement astral des triomphes éclos.

     

    Mars, symbole brûlant du secret des abîmes,

    Où des typhons de gaz rongent les horizons,

    L’âtre sous les volcans, sépulcres des victimes,

    Guette les oppidums des mortelles saisons.

     

    Sur la Terre indigo, par les plaines épiques,

    Dans les villes en marche aux palais scintillants,

    S’étendent sur les monts les courants des Tropiques,

    Porteurs du concerto des matins nonchalants.

     

    Vénus, parfum charnel, sous les vertes nuées,

    Amante des bergers, guidés par tes rayons,

    Qui suivent ton appel sur les mers transmuées,

    Vers les lointains jardins aux bonheurs embryons.

      

                                    Olivier GARDEL-DUBOIS

     


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    LA TRUITE ET LE CHAT

      

      

    À mes filles…

      

     

     

    LA TRUITE ET LE CHAT

     

    Un vieux chat pacha rêvait, sur la dune,

    D’une truite en bleu, qu’un soir il pêcha ;

    Chapeau bas ! Matou ! Sous la lune brune,

    Cette pêche a tout d’un repas de schah !

     

    Mais notre matou, sans y rien comprendre,

    Se mit à clamer un prêchi-prêcha ;

    Car la truite en bleu, pour son cher et tendre,

    S’était transformée en une geisha…

     

    La truite sans suite imita la fuite,

    Et se déhancha sur un cha-cha-cha…

    Le chat pour rachat lâcha la poursuite,

    Tentant pour sa belle un double entrechat !

     

    Il paraît qu’un thon, compagnon du couple,

    A cru de bon ton, lors de ses achats,

    De photographier, sur un poster souple,

    Nos parents comblés de six poissons-chats !

     

    Chat-bada-bada… Chat-bada-bada…

     

     

                    Olivier GARDEL-DUBOIS

      

     


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