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    « Huitain lointain sans tain certain »

     

    La Beauté prend l’accent d’un aigu renouveau

    Franchissant le miroir des canons séculaires

    Nul écrin ne l’endort ni berceau ni caveau

    Car le flou des soleils nourrit les raisons claires

    Lis-moi sans hésiter jusqu’à l’écho naissant

    De sons moins essentiels que leur image ultime

    As-tu beau me fixer je m’efface en laissant

    Sur ton coin de rétine un souvenir intime

     

    (Guy Reydellet     03/03/2019)

     

    HUITAIN LOINTAIN...


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  • Guy Reydellet poursuit ses offrandes de galets acrostiches à Pierre Theau:

    GALETS HOMMAGES

     

     

    GALETS HOMMAGES


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    Ivresse des hauteurs à la tour du « rond »

     

    J’ai souvent été bercé d’illusions par Gérard Majax. Ce prestidigitateur m’a fait apprécier les tours de magie. Et la tour de magie, proche de mon adolescence, se situe dans un quartier de Montauban. C’est la tour des liens du cœur, des magiciens du gobelet de verre. En quatre mots, la tour du « Rond ».

    Cet immeuble est une structure assez moderne où l’amitié n’est pas hiérarchisée : juste une distribution aléatoire et fictionnelle du positionnement des résidents. Le hasard des rencontres est chronologique mais l’intensité ne se mesure pas en paliers… Dans ma mémoire, c’est la relation durable qui compte et bâtit sur les fondations de paroles tenues. Toute la saveur de mon ascension résidera dans la présence effective de mes nombreux amis répertoriés sur l’interphone grésillant.

    Je souhaitais saluer un récent joyeux retraité, Gégé, qui n’habite qu’au cinquième. (Je vous narrerai les étages supérieurs dans une prochaine livraison pour dissiper tout malentendu ou « malbu » concernant d’autres compagnons de soif.) J’étais vanné de ma journée de transmission cognitive et l’appartement de mon gai luron me semblait un Everest urbain aux parois moins accessibles qu’un verre d’apéritif.

    Au commencement, je déguste un léger rhum chez Thierry qui loge au rez-de-chaussée. Ce coup de fouet, sans orientation sexuelle, me remet du feu dans les jambes. Si Jérôme, le patron du café de Lagarde, avait été là, je lui aurais demandé un lait. « Un lait, Jérôme ! ».

    Je parviens au premier étage où Jimi m’accueille pour une pause apéritive. A peine arrivé, je suis partant pour une petite téquila. Ma gorge est comme sa guitare : sèche. Prenant congé, j’atteins le deuxième étage où Vincent me sert un pastis généreux. Je sens mon harassement s’évaporer. Nous retournons vaquer à nos occupations et le tohu-bohu se transforme en tonus-bonus.

    Au troisième étage, l’étiquette est floue. Des barres verticales et horizontales semblent indiquer le prénom de Marc. J’appuie sur la sonnette avec l’audace des optimistes. Marc m’invite à partager quelques minutes autour d’un Mojito bien dosé. Audacieux, c’est bien d’oser…

    Je commence à ne plus sentir la fatigue générée par ma journée professionnelle. N’ayant pas perdu de vue mon objectif initial, je remercie Marc pour cet intermède chaleureux. J’évite un cactus farceur que mon hôte élève avec doigté. En apercevant les escaliers en colimaçon, je bénis mon gosier d’être un moins pénible labyrinthe… Je parviens laborieusement au quatrième étage où Philippe a sûrement entendu mes épaules heurter les murs de plâtre. Quelques éraflures blanchissent mon blouson de cuir marron. « Pimpin » me sert une bière rousse fraîche à souhait. Je vois pourtant s’éloigner le concept de fraîcheur en dénombrant de fréquentes auréoles sur ma chemise.

    Et le temps d’essuyer la mousse généreuse sur ma moustache de cinq jours, je reconnais enfin le dernier bloc de marches avant l’étage de Gégé. L’étage de Gégé ? Ce n’est pas vraiment de laitages dont il m’entretiendra. Les degrés se concurrencent davantage : degrés d’alcool, degrés d’humour, degrés d’ascension. Ils ont cet effet sinueux de ralentir les réflexes.

    Le cinquième étage me salue et je m’efforce de respecter ma trajectoire sans tituber. Je distingue un sourire malicieux, (sans doute appartenant à Gérard), qui m’attend sur le seuil. Quelques gouttes de sueur suspecte sur mon front l’inquiètent. Il me propose alors une vodka de collection que j’accepte comme un breuvage salvateur.

    Gégé retire délicatement une épine de cactus plantée dans mon omoplate gauche. Tout en observant mon blouson éraflé, il m’affirme doctement que l’ascenseur est le meilleur et le plus inoffensif des…remontants !!!

    Je vais y réfléchir avant de trinquer avec Rodolphe, au douzième étage. Je sais maintenant que la tour du « rond » est une chaîne ininterrompue de sobres visites amicales. «Je suis de l’ascenseur ce seul usager rare » tourne en boucle depuis deux jours. Certes, c’est un alexandrin mais il ne dit pas ce qui usa Gérard…

     

                                          Gaston Binvéria


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    Pour Pierre Theau

     

    Rien ne peut effacer ton accent de Garonne,

    Erudit assembleur de sonnets vertueux.

    Viens planter le laurier pour tresser la couronne,

    Obstiné défenseur du rire affectueux.

    Il nous faut désormais te lire en profondeur,

    Rigoureux architecte aux secrets alignés.

     

    Pierre angulaire en paix, loin des chants de grandeur,

    Il nous reste à rester héritiers désignés.

    En semant l’acrostiche au sommet de ta feuille,

    Rarement, tu manquas de voix pour moissonner.

    Reçois mon bout de pierre, absent qui nous endeuille,

    Et, cher poète ami, commence à résonner.

     

        Guy Reydellet                                                   XX/II/MMXVIII 

     

    POUR PIERRE THEAU

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    Dans la rue de l’étoile

    Dans la rue de l’étoile une année fait peau neuve
    Le voisin du cent onze a garé son Audi
    Mais le besoin pressant change un trottoir en fleuve
    La concierge énervée ne l’a pas applaudi

    Dans le bâtiment quatre un vieux quinquagénaire
    S’écroule enfin vaincu par l’alcool généreux
    Mais le sommeil lui prête un corps imaginaire
    Le réveil sera dur loin des draps vaporeux

    Dans la rue de l’étoile un nouvel an se lève
    Le héros malheureux boit son café brûlant
    Mais la douleur l’incite à sortir de son rêve
    Son cerveau voit filer un fessier stimulant

    Dans le bâtiment quatre un ami très fidèle
    Le fabuleux roux-gris voulant peu se priver
    Va vivre un amour fou avec un top model
    Car c’est l’année magique où tout doit arriver

    Guy Reydellet


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