• Je suis un verbivore

     

    Les mots me permettent d'entrouvrir

    Des portes qui donnent sur un espace

    Que je me dépêche de remplir

    Avant qu'un autre prenne la place.

    Ils sont ma façon de me taire

    Ou de hurler sans faire de bruit,

    Un moyen des plus salutaires

    Pour mettre à l'index les ennuis.

     

    Les mots sont une histoire d'amour

    Entre soi, les choses et les gens,

    Ils peuvent danser avec humour,

    Être obligeants ou dérangeants,

    Moi, je les adore fantaisistes,

    En liberté et poétiques,

    Lorsqu'ils font les contorsionnistes

    Sans pourtant tromper l'esthétique.

     

    Les mots sont une respiration

    Qui purifie le corps et l'âme

    Dans la vraie vie ou la fiction.

    Je les brandis comme l'oriflamme,

    Qui, dans le vent, bat fièrement,

    Pour regrouper les égarés,

    Les attirer comme un aimant

    Avant qu'ils soient accaparés.

     

    Tes mots dans mon lit font des miettes

    Qui viennent me parler dans la nuit,

    Ils s'agitent comme des marionnettes

    Pour réveiller mes rêves enfouis,

    Ils rock'n'rollent et se mélangent

    En un concert jubilatoire.

    C'est des bouts d'amour que je mange

    Afin qu'ils me disent ton histoire.

     

     


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    Jusqu'à la fin des mondes 

     

     

    Le vent peut faire tourner la tête aux continents, 

    Tempêter mille fois du levant au ponant, 

    Le tonnerre peut zébrer le ciel de ses éclairs

    Et déchirer les airs d'un bruit autoritaire,

      

    Les séismes insolents peuvent éventrer les champs

     Et lacérer les murs de leurs couteaux tranchants,

    Les entrailles de l'enfer peuvent inonder la terre 

    De la lave insoumise qui fait fondre les pierres, 

     

    Il peut neiger jusqu'à recouvrir les maisons, 

    Lorsque le blanc unit le ciel et l'horizon, 

    Il peut pleuvoir jusqu'à faire déborder les mers, 

    À en faire vaciller les montagnes altières, 

     

    Mais la lune fait rêver les oiseaux dans les arbres 

    Et illumine les nuits de son fier candélabre, 

    Le soleil vient draper les villages de lumière 

    Et préside à la course des saisons nourricières. 

     

    La force des sentiments, l'amour comme un vertige,

    N'obéiront jamais aux puissances de prestige, 

    Qui dominent sans partage sur la terre et sur l'onde. 

    Je t'aime et je t'aimerai jusqu'à la fin des mondes.

     

     

     


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    Arène sanglante

     

    Ils paradent comme des Romains venus pour les jeux aux arènes,

    Justifient l'arrogance au nom de leur tradition schizophrène,

    Se pâment pour un rigolo, bourreau indécent et grotesque

    Dans son costume de gigolo, marionnette grand-guignolesque.

     

    Public ignoble et prétentieux, attiré par le sang versé,

    Tu légitimes la torture devant un animal blessé,

    Mais tu cautionnes aussi la mort en prétendant que c'est de l'art

    Quand le pantin au chiffon rouge nous inflige son cauchemar.

     

    Dans un combat joué d'avance, de fausse bravoure et d'imposture,

    La seule victime désignée par des monstres de l'inculture

    Va endurer un long martyre, une interminable agonie,

    Dans le cadre moyenâgeux d'abominables félonies.

     

    La corrida méprise les lois sans un soupçon d'humanité,

    Dans l'irrespect le plus total, elle accouche d'une insanité,

    Piétine égards et compassion que l'on doit à tout animal.

    Aficionado, dans tes veines s'épanche la pulsion du mal!

     

    Pauvre taureau, lorsqu'il t'arrive de ne pas tomber sous le fer,

    Un employé des basses œuvres vient terminer la salle affaire.

    Les tortionnaires lèvent les bras, fiers de leurs actes inhumains

    Dans le seul cirque où, pour briller, faut avoir du sang sur les mains.

     

    Honte sur vous hommes de loi! Cachés sous vos airs de faux culs,

    Vous faites fi de l'animal qui se retrouve toujours cocu.

    Si vous croyez à l'au delà, vous paierez cher vos mascarades,

    Le fier taureau n'attend que vous pour vous y porter l'estocade.

     


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    Quand la porte est fermée

     

    Elle n'en finit pas de guetter 

    Les ombres de la nuit,

    Les pas connus tant redoutés 

    Qui s'approchent avec bruit. 

    Les enfants s'enfuient se cacher 

    Car les peines sont tues.

    Elle sait qu'il revient éméché, 

    Qu'elle va être battue.

     

    Combien ne voient que la façade 

    Du compagnon plaisant, 

    Du confident, du camarade 

    Au discours séduisant, 

    Sans voir derrière la vitrine 

    Le sordide imposteur, 

    Maniant les poings et la badine, 

    L'ignoble violenteur.

      

    Pourtant elle va rester muette, 

    Intérêt familial, 

    Soigner ses blessures en cachette, 

    Orgueil matrimonial. 

    Elle craint de son mari infâme 

    L'énième humiliation 

    Faite à sa condition de femme, 

    L'injuste punition.

     

    Messieurs les juges, ce qui se passe 

    Quand la porte est fermée, 

    Vous l'ignorez! Ayez l'audace, 

    Devant femme opprimée, 

    De la voir D'ABORD en victime 

    De la bestialité! 

    Rendez-lui ses droits légitimes 

    Et toute sa dignité!

     

     

    « Celui qui bat une femme est un salaud qui se prend pour un homme »

     

     

     


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  •        L'amour dans la peau

     

                  L'amour dont je te parle, bien plus fort que la peur,

                  Donne un sens à ma vie et n'est jamais trompeur,

                  Il fait voir les aveugles et résiste à l'usure,

                  Il n'a pas de limite, ni de demi-mesure.

     

                  Je te parle de victoire, de mon esprit humain,

                  Qui, malgré les écueils, ne suit qu'un seul chemin,

                  Se nourrit d'émotions, d'un émouvant transport

                  Qui repousse l'égoïsme, les blessures et la mort.

     

                  Depuis longtemps je n'entends plus battre ton cœur,

                  Mais je chante ton nom sans la moindre rancœur,

                  À l'instar du pinson qui ne sait qu'être gai,

                  En dépit de la vie qui ne fait que tanguer.

     

                  Que pourrais-je te dire que tu ne saches encore

                  Sur ce qui nous unit et sur nos désaccords ?

                  Cette encre et ce papier ont l'air bien inutiles,

                  Et mes mots ciselés me paraissent bien futiles.

     

                 Ces lignes iront peut-être à l'aventure vers toi,

                  Pour te dire que mon âme, sans répit, te côtoie,

                  Mais si en cours de route se perd mon manuscrit,

                  Ce ne sera pas grave, c'est à moi que j'écris. 

     

    Gérard Pinson


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