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    L'ANTCHAR

    (D'après POUCHKINE (librement)

     

    Dans le plus lointains des déserts,

    Tel que tu ne te l'imagines, 

    Car en imagination 

    Son soleil te calcine ; 

    Les bêtes venimeuses 

    Se détruisent entre elles ;

    Le vautour charognard,

    S'enfuit à tire-d'ailes… 

    Pourquoi ? Me direz-vous ? 

    Car y sévit l'ANTCHAR !  

    Dont la simple présence 

    A cent lieues à la ronde  

    Suinte son venin 

    Tuant tout ce qui vit, 

    D'une manière immonde ; 

    Il trône, ce tyran 

    Et alentour de lui 

    On voit des ossements 

    Que le soleil blanchit ; 

    Repérant le vivant, 

    Le grand ou le petit 

    Il en tire le suc 

    Engendrant sa folie… 

    Les nuages là-haut 

    S'en vont tourbillonnant 

    Et s'écartent de lui 

    A de grandes hauteurs 

    Et si la pluie le touche 

    S'infectant aussitôt, 

    Elle devient toute noire 

    Et ceux qui s'y abreuvent 

    Attirés par son tronc 

    Ne font qu'un avec lui ;  

    Il deviennent momies, 

    Couches superposées, 

    C'est la mort elle -même 

    En strates disposée 

    Qui lui donne un pouvoir  

    Dont il s'effarouche lui-même !  

    L'homme a dit à l'homme, 

    « Va me chercher la gomme » 

    Produite par l'ANTCHAR ; 

    Et l'esclave soumis 

    Rapporta la résine 

    Dans laquelle son maître 

    Trempera ses flèches 

    Pour apporter la mort certaine 

    A ceux qui lui résisteront… 

    Et l'esclave à ses pieds 

    Meurt dans les souffrances horribles 

    Provoquées par l'ANTCHAR. …

     

    Germaine CARTRO le 28/06/17


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    PHEBUS ET LA BERGERE (bergerette)

     

    C'est moi Phébus aux cheveux d'or,

    Une princesse, des marquises,

    Se pâmèrent, combien exquises !

    Ne me résiste, mon trésor ...

     

    Seigneur Phébus, mes attraits

    Ont su déclencher ton envie ;

    Trois fois hélas, ô triste vie !

    Commande, je t'obéirai !

     

    C'est moi Phébus aux cheveux d'or ;

    Une princesse, des marquises

    Se pâmèrent , combien exquises !

    Ne me résiste, mon trésor...

     

    Dans ton château de "Fin Amor",

    Il serait fâcheux que l'on dise

    Que Monseigneur astreignit Lise

    A lui céder comme un butor !

     

    C'est moi Phébus aux cheveux d'or ;

    Une princesse, des marquises

    Se pâmèrent combien exquises :

    Ne crains rien de moi, mon trésor !

     

    Germaine CARTRO


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    VILLANELLE  

    REINETTE

     

    Voici venir ma REINETTE

    Aux bottines de velours

    Regard clair elle me guette ….

     

    C'est une chatte coquette,

    Onduleuse en ses atours :

    Voici venir ma REINETTE.

     

    Mettra-t-elle une voilette

    Pour charmer son troubadour ?

    Voici venir ma REINETTE …

     

    Pour peaufiner sa toilette,

    Elle lèche ses contours ;

    Voici venir ma REINETTE…

     

    Aussi belle que discrète,

    Du haut de la vieille tour,

    Regard clair elle me guette,

     

    Voici venir ma REINETTE !

     

     

    Germaine CARTRO

     


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    BELLE ET TOUJOURS REBELLE POESIE...

      

    N'existe-t-il qu'un seul rebelle ?

    Le poète pétri d'amour,  

    Complainte dite avec humour,  

    Muse bonne, point toujours belle...

     

    Quand il mourait jadis de faim,

     Il ne pensait pas nous complaire ;

    La poésie au corollaire

    De bonté lui prédit la fin... 

     

    La fin de sa vie hors-la-loi ;  

    Persévérance irrépressible 

    Exigence pure, inflexible 

    D’écriture de bon aloi...

     

    Oppression des démunis,  

    Ambition, argent et guerre :  

    Quoi de changé depuis naguère ?  

    Rien, qu'une trace de vernis !   

     

    Mais grâce à lui les lendemains  

    Auront des aurores qui chantent, 

    Quand de petits riens nous enchantent,  

    L'on peut se vanter d'être humains ! 

     

    Germaine Cartro


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  • J'AI PEUR DU BONHEUR

     

     

     

    Le seul bonheur que j'eus me l'apporta grand-mère ;

    Venait dans ses récits - pas encor ceux d'Homère,

    Un prince aux cheveux bruns comme j'aime, bouclés,

     

    Délivrant sa princesse en plusieurs tours de clés :

     

    Tout à coup l'existence affleurait, moins amère ;

     

     

    S'écoulèrent les jours, mais que de démêlés !

     

    Heureusement dehors m'attendait la nature

    Aux suaves parfums de cheveux déroulés

     

    Alors que m'importaient les maux d'ère future !

     

    "Mais il fallut quitter les genêts et les monts"*

    Avant que de partir pour une autre aventure

    Où m'attendaient la vie et ses horreurs sans nom,

     

    Sans me dire un seul mot d'un monde mercenaire,

    Douce, patiente contenant mes démons :

     

    Si mon Prince s'en vint, me l'envoya Grand'mère...

     


    Germaine CARTRO

     

    * vers d'une poésie apprise enfant

     

     

     

     

     


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