• LE PRINTEMPS ET L'ETE



    Le Printemps et l'Eté, parmi les herbes folles,
     Se croisèrent, émus ;  le vent dans leurs cheveux
    Entendit leurs propos ; sincérité d'aveux
    De ceux se préparant à leurs missions, leurs rôles ;

    Tels furent les conseils du Printemps à l'été :
    "Ne sois pas trop fiévreux,  sache calmer ton zèle,"
    "Modère ta vigueur, prends garde à l'étincelle"
    "Que produit quelquefois ta fougueuse santé ."

    "Prends pitié des oiseaux, n'assèche pas les mares ; "
    "Que tes rayons dorés, délicats le matin ,"
    "En épargnant la flore, ne la dessèchent point  :"
    "Garde pour les déserts tes fougueux tintamarres..."

    D'un grand rire joyeux, toujours content l'Eté,
    Le rassure, amical, "Je n'ai ta grâce tendre,"
    "Mais tu retrouveras, en mars, sans plus attendre,"
    "Emergeant de son somme un décor enchanté !"

    Germaine Cartro

     


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    EN MON JARDIN, L'AUTAN... (sonnet estrambot)

    Sa race qui palpite est celle des vainqueurs ;

    L'autan en mon jardin, en habit de voilage,
    Du chêne il anime le vivant assemblage ;
    Virevoltant, tournoie : il dérobe les cœurs.

    Plus ou moins amoureux - nul n'en vainc les vigueurs ! -,
    - Elle aurait volontiers suivi son attelage ! -
    Turbulent, en folie, il troubla la volage
    Frissonnante rose de ses soupirs moqueurs !

    Jaloux, se trémoussa le dahlia dans sa vasque ;
    La pensée arbora comme à Venise un masque…
    Décidément ému par la fragilité

    De Rose parfumée, ambre blond légitime,
    En son velours éclos, élégant tout l'été,
    Il en fit choir, hautain, la garde-robe intime…

    "Fleur étrange," dit-il venant de mon côté ;
    Sur le point de souffler, sans égard, sur ma braise :
    " Ni saveur, nulle odeur : je préfère la fraise ! " 
     
                                              Germaine CARTRO


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    ESCORTE DE MOTS

    Il s'émerveille "Oh !" du nouveau-né
    Jailli des entrailles de la femme en gésine.

    Grande prêtresse donnant la miraculeuse vie
    Elle veille sur la pérennité
    Du foyer...
    Accueille, larmes aux yeux le retour du guerrier :
    Sons dont il ne saisit
    Que la douceur...

    Lui, son protecteur, celui de ses enfants ;
    Fragiles : sa force les  rassure...
    Il s'endort épuisé, bercé de murmures...
    Il tente de les  lui répéter
    Lorsque triste, abattue

    Elle meurt jeune encore..
    Cependant, jamais résigné
    A perdre les siens,
    De la plante souveraine
    Il emploie le suc guérisseur...

    Sur la route du temps
    Ils se retrouveront à  maintes reprises
    Puisqu'ils s'accordèrent
    Au-delà du seul bruit
    Des lèvres qui remuent...

    Leur  opiniâtreté
    A communiquer
    Les incita à formuler
    La parole qui rapproche
    Ceux qui s'aiment d'Amour...

    Aucun mot ne saurait prendre
    Le pas sur le sentiment
    Innommé, ressenti ;
    Béatitude ,
    Infinie gratitude...

     

    Germaine CARTRO


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  • UN JOUR UN CHAT

     

    (histoire vraie, il y a longtemps)

     

    Au bord de la fenêtre, il chancelait, perclus ;

    D'un regard insondable il m'avait mesurée ;

    Famélique, hésitant, sa voix douce, feutrée,

    Semblait me demander ce qui n'existait plus ;

     

    L'enfant ou l'animal sont de Dieu les élus ;

    Survécut avec nous la bête condamnée,

    Jetée hors de sa vue, atone et désarmée,

    Par un abject humain, un vil olibrius !

     

    Pitoyable minou, eût-on dit sans désir,

    Grignotant avec peine et sans aucun plaisir,

    Nous avait-il choisis pour terminer sa route?

     

    Le bon Dieu qui sait tout -  il vient, il reste ou va...-

    Sut lire le secret de son âme en déroute

    Et ce chat si timide, un soir nous enleva...

     

    Germaine Cartro le 15/12/16

     

     


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  • IL PLEUT

     

    Avec constance il pleut : des clichés maladifs ;

    Le ciel sans nuages revêtit sa parure

    D'un uniforme gris, la vilaine fourrure !

     Scandalisé, mon chien a de l'eau plein les tifs…

     

    Une inondation en ma tête profile

    Un larmoyant futur : mon cœur est un tombeau ;

    Aujourd'hui la tristesse oublia qu'il fit beau,

    Mais un rai de soleil brusquement se faufile...

     

    Cheveux dégoulinants, éplorés comme moi,

    Encollées jusqu'en haut mes bottes éculées ;

    borde un caniveau : ce sont les « eaux mêlées » ! 

     Danse des parapluies : la ville est en émoi !

     

    La pluie au ciel là-haut a fini son parcours ;

    A bientôt ! Février sans le savoir roucoule,

    Avant mars attendu, l'eau des nuages coule;

    Partez, et revenez, renouveau des amours ;

     

    Soleil, tes chauds rayons, de ces eaux sont voraces !

    Plaisamment se dessèche un macadam tout noir,

    Qu'une rigole boit ainsi qu'un entonnoir ;

    Du liquide inutile, il ne reste que traces ;

     

    Je fredonne en douceur la chanson du sursis  ;

    " Le ciel est par-dessus le toit, si bleu, si calme,

    " Un arbre dans le ciel qu'on voit berce sa palme" :

    Ainsi pleurait Verlaine, en son grabat assis ;

     

    Revenez au printemps arroser les fleurettes ;

    A la saison nouvelle, en ôtant sans rancœur

    Ce que l'ignorance revêtit de noirceur :

    Ayez pitié, mon Dieu, des blanches pâquerettes !

     

    Germaine CARTRO le 07/02/17

     


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