• J'AI PEUR DU BONHEUR

     

     

     

    Le seul bonheur que j'eus me l'apporta grand-mère ;

    Venait dans ses récits - pas encor ceux d'Homère,

    Un prince aux cheveux bruns comme j'aime, bouclés,

     

    Délivrant sa princesse en plusieurs tours de clés :

     

    Tout à coup l'existence affleurait, moins amère ;

     

     

    S'écoulèrent les jours, mais que de démêlés !

     

    Heureusement dehors m'attendait la nature

    Aux suaves parfums de cheveux déroulés

     

    Alors que m'importaient les maux d'ère future !

     

    "Mais il fallut quitter les genêts et les monts"*

    Avant que de partir pour une autre aventure

    Où m'attendaient la vie et ses horreurs sans nom,

     

    Sans me dire un seul mot d'un monde mercenaire,

    Douce, patiente contenant mes démons :

     

    Si mon Prince s'en vint, me l'envoya Grand'mère...

     


    Germaine CARTRO

     

    * vers d'une poésie apprise enfant

     

     

     

     

     


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    LA TERRE-MERE,

     

    LA TERRE-MERE est en colère

    Car quelques-uns de ses enfants

    Pour assouvir leurs vils penchants

    Nous jugent dignes des galères !

     

    Elle voudrait tant nous choyer :

    Du pôle Nord au pôle Sud

    De la bêtise l'on exsude :

    L'on n'en finit de la piller !

     

     

    Notre chétive itntelligence

    Nous privera de nos acquis !

    Nous pourrions à des jeux exquis

    Jouer sans prêter allégeance

     

    A celui-là, plutôt celui

    Qui veut nous tirer des ornières,

    Non ! Ne nous plaisent ses manières !

    Un gandin reste favori !

     

    Sur la terre que de beautés

    Attendent qu'on les entrevoie

    Et qu'on fasse des feux de joie

    Avec ces pantins exaltés !…

     

    Germaine Cartro le 01/07/17


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  • LE PRINTEMPS ET L'ETE



    Le Printemps et l'Eté, parmi les herbes folles,
     Se croisèrent, émus ;  le vent dans leurs cheveux
    Entendit leurs propos ; sincérité d'aveux
    De ceux se préparant à leurs missions, leurs rôles ;

    Tels furent les conseils du Printemps à l'été :
    "Ne sois pas trop fiévreux,  sache calmer ton zèle,"
    "Modère ta vigueur, prends garde à l'étincelle"
    "Que produit quelquefois ta fougueuse santé ."

    "Prends pitié des oiseaux, n'assèche pas les mares ; "
    "Que tes rayons dorés, délicats le matin ,"
    "En épargnant la flore, ne la dessèchent point  :"
    "Garde pour les déserts tes fougueux tintamarres..."

    D'un grand rire joyeux, toujours content l'Eté,
    Le rassure, amical, "Je n'ai ta grâce tendre,"
    "Mais tu retrouveras, en mars, sans plus attendre,"
    "Emergeant de son somme un décor enchanté !"

    Germaine Cartro

     


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    EN MON JARDIN, L'AUTAN... (sonnet estrambot)

    Sa race qui palpite est celle des vainqueurs ;

    L'autan en mon jardin, en habit de voilage,
    Du chêne il anime le vivant assemblage ;
    Virevoltant, tournoie : il dérobe les cœurs.

    Plus ou moins amoureux - nul n'en vainc les vigueurs ! -,
    - Elle aurait volontiers suivi son attelage ! -
    Turbulent, en folie, il troubla la volage
    Frissonnante rose de ses soupirs moqueurs !

    Jaloux, se trémoussa le dahlia dans sa vasque ;
    La pensée arbora comme à Venise un masque…
    Décidément ému par la fragilité

    De Rose parfumée, ambre blond légitime,
    En son velours éclos, élégant tout l'été,
    Il en fit choir, hautain, la garde-robe intime…

    "Fleur étrange," dit-il venant de mon côté ;
    Sur le point de souffler, sans égard, sur ma braise :
    " Ni saveur, nulle odeur : je préfère la fraise ! " 
     
                                              Germaine CARTRO


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    ESCORTE DE MOTS

    Il s'émerveille "Oh !" du nouveau-né
    Jailli des entrailles de la femme en gésine.

    Grande prêtresse donnant la miraculeuse vie
    Elle veille sur la pérennité
    Du foyer...
    Accueille, larmes aux yeux le retour du guerrier :
    Sons dont il ne saisit
    Que la douceur...

    Lui, son protecteur, celui de ses enfants ;
    Fragiles : sa force les  rassure...
    Il s'endort épuisé, bercé de murmures...
    Il tente de les  lui répéter
    Lorsque triste, abattue

    Elle meurt jeune encore..
    Cependant, jamais résigné
    A perdre les siens,
    De la plante souveraine
    Il emploie le suc guérisseur...

    Sur la route du temps
    Ils se retrouveront à  maintes reprises
    Puisqu'ils s'accordèrent
    Au-delà du seul bruit
    Des lèvres qui remuent...

    Leur  opiniâtreté
    A communiquer
    Les incita à formuler
    La parole qui rapproche
    Ceux qui s'aiment d'Amour...

    Aucun mot ne saurait prendre
    Le pas sur le sentiment
    Innommé, ressenti ;
    Béatitude ,
    Infinie gratitude...

     

    Germaine CARTRO


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