• ENTRE LES LIGNES (extraits 1)

     

    ENTRE LES LIGNES (extraits)

    (Aldéran 2004)

     

      

     

     

     

    INCERTITUDE  

     

     

     

    J’ai déjà l’impression d’avoir beaucoup vécu,

    Que je crois tout savoir et n’avoir rien perdu

    Des leçons de la vie, de tout ce qui m’entoure ;

    J’ai connu le bonheur, la peur et la bravoure.

     

    J’ai subi les horreurs de la terrible guerre,

    Comme les ont connues mon grand-père et mon père.

    Plus rien ne me fait peur, ni l’honneur ni la honte ;

    D’ailleurs qui a raison ? C’est celui qui raconte.

     

    Je sais que je pourrais, sans effort surhumain,

    Ôter la vie d’un homme en serrant de mes mains,

    Et la donner aussi, avec moins de contrainte,

    Au délicieux instant d’une bien douce étreinte.

     

    Je suis sûr que l’amour est une belle chose,

    Que ce tendre bouton, demain, deviendra rose.

    Je sais que chaque nuit les astres brilleront

    Et que la chrysalide deviendra papillon.

     

    Je sais que pour certains la vie est bien amère,

    Et que mourra ce soir le fragile éphémère.

    Je sais que l’hirondelle, lorsqu’elle noua quittés,

    Revient chaque printemps égayer nos cités.

     

    Je sais qu’après la pluie… Mais au fait, à quoi bon

    Savoir toutes ces choses et avoir le frisson,

    En demandant au ciel de m’apporter la preuve

    Que ton amour pour moi ne craint aucune épreuve ?

     

     

     

     

    SOLITUDE

     

     

    Te voilà disparue,

    C’est partout le désert,

    Même dans la cohue

    Où parfois je me perds

    En te cherchant partout,

    Quand l’ennui me dévore,

    Maudissant le mois d’août

    Qui te reprend encore.

    Plus rien autour de moi

    N’attire mon regard,

    Pas le moindre minois

    Ni corsage gaillard.

    Dans la rue, les passants

    Marchent sans dire un mot

    Comme des morts vivants

    Échappés d’un tombeau.

    Dans mes nuits quelquefois

    J’aperçois ton fantôme

    Ou bien je t’entrevois

    Heureuse au bras d’un homme.

    J’ai parfois l’impression

    Dans cette solitude

    Que de ma déraison

    Je ressens le prélude.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ILLUSION

     

     

     

    Pourquoi faut-il qu’un jour finisse un si doux rêve ?

    Ce beau mais lourd passé qui s’accroche à mon cœur

    Pèse de tout son poids sur ma vie qui s’achève

    Et sonne tristement le glas de mon bonheur.

     

    La fin de ton amour met un terme à ma vie ;

    Car ma vie c’était toi et tu m’as tout repris.

    L’abcès qui, dans mon cœur, grandit de jour en jour

    Voit mourir avec moi ce bel et grand amour.

     

    Je t’avais dit, c’est vrai, si un jour on se lasse,

    Alors, bien franchement, il faudra l’avouer ;

    Mais l’amour a grandi avec le temps qui passe,

    Et après tant d’années, j’avais tout oublié.

     

    Je n’aurais jamais cru qu’un jour cela arrive,

    Surtout brutalement, comme ça s’est passé.

    J’avais confiance en moi, cruelle erreur naïve,

    Je nous croyais uni jusqu’à l’éternité.

     

    Mais la réalité, au visage livide,

    Dont le rictus hideux hante toute mes nuits,

    Me laisse désarmé, le cœur et les mains vides

    Et me punit encore en me laissant la vie.

     

     

      

     

     

    SOUVENIR

     

     

     

    Chacun a dans sa vie un lieu de préférence,

    Que ne peut effacer l’usure des saisons ;

    Il est déjà bien loin le temps de mon enfance,

    Je revois pourtant bien ta petite maison.

     

    Certains ont dans leur cœur une simple ruelle,

    Un banc, un arbre, un parc ou un bosquet fleuri.

    Pour moi c’est ta maison, mon souvenir fidèle,

    Celui que ma mémoire n’a jamais trahi.

     

    Il m’arrive parfois, au hasard de ma route,

    De passer devant elle, même de m’arrêter ;

    Et pendant ce temps-là, j’espère et je redoute

    De voir à ta fenêtre s’entrouvrir les volets.

     

    Je sais que si cela venait à se produire,

    Ce ne serait plus toi que je verrais alors

    M’accueillir comme avant, avec ton beau sourire,

    Donnant à ton visage une auréole d’or.

     

    Où es-tu, cher Amour de mes jeunes années,

    Heureux et rayonnant de jeunesse et de joie ?

    Nous qui avions juré d’unir nos destinées,

    Où t’a mené la vie ? Te souviens-tu de moi ?

     

     

     

     

    (Poème mis en musique par Jacques Valade)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    RUPTURE

     

     

    Lorsque tu m’as laissé, sur le quai de la gare,

    Après m’avoir repris la clé de ta maison,

    Quelques instants avant que ton train nous sépare,

     

    Mon Dieu que ça fait mal de perdre la raison !

     

    Sans même avoir connu la moindre des querelles,

    Tu m’annonçais soudain qu’il fallait nous quitter ;

    Je n’ai jamais senti de douleur plus cruelle,

     

    Mon Dieu que ça fait mal de perdre l’être aimé !

     

    Comme si dans mon cœur une lame glacée

    Venait de décider du dernier de mes jours,

    J’ai cru que de mon corps mon âme s’effaçait ;

     

    Mon Dieu que ça fait mal de perdre son amour !

     

    Je suis resté muet, sans voir et sans comprendre,

    Sentant que, de ma vie, s’échappait le meilleur,

    Quand on le voit mourir sans pouvoir le défendre,

     

    Mon Dieu que ça fait mal de perdre le bonheur !

     

    Et puis, subitement, plus rien ni plus personne ;

    L’espace d’un instant et tout était fini.

    J’ai aussitôt pensé, que Dieu me le pardonne,

     

    Qu’il eût été bien doux de perdre alors la vie !

     

     

     

    (Poème mis en musique par Jacques Valade)

     

     


  • Commentaires

    1
    germaine cartro
    Mardi 11 Février 2014 à 11:34

    J'ai lu tous ses poèmes et je les aimés. Il était homme de bien et il était aimable, je rends grâces à Dieu de l'avoir rencontré ! Germaine CARTRO.

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