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    1)  L'association Horizon d'Aix en Provence nous communique le règlement de son prochain concours:

     

    2) Véronique Flabat-Piot nous transmet le règlement des jeux poétiques de Sartrouville:

     


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    BLEUET SAUVAGE                                                                                                                                       

    NOUVELLE

     Une vie pour une vie.

     

    En ce matin d'octobre, un nuage de rosée s'étendait sur la plaine.

    Levé bien avant le jour, Francis marchait depuis une bonne heure lorsque les premières brumes s'élevèrent, enveloppées d'une clarté naissante. Seul, au milieu de cette nature préservée, il se sentait libre. La fraîcheur de cette matinée d'automne le revigorait.

    Couvert de son treillis de chasse, il ne craignait nullement l'humidité ambiante. Ses bottes foulaient des graminées encore vertes. Les toiles d'araignées accrochées aux plantes et brindilles tremblaient à son passage, laissant perler les gouttes qu'elles retenaient. Les joyaux suspendus aux herbes ainsi qu'aux branchages créaient un spectacle féérique. Le promeneur se mit à imaginer des sylphides dansant au clair de lune et flottant dans l'air. Fraîches et pures demoiselles, esprits voltigeant vêtus de gaze transparente et légère. Le lieu se prêtait à la rêverie.

    Il avançait à grandes enjambées silencieuses ; carabine et canne de Pirsch en bandoulière.

    Il surprit lièvres et garennes batifolant dans les espaces dégagés. Les mères surveillant les jeunes de l'année se dressaient à son arrivée et donnaient aux petits le signal de la fuite.

    Le chasseur les contemplait, amusé. Il pensa à sa femme Claire que ces scènes auraient attendrie. Depuis quelques semaines, elle ne l'accompagnait plus, mais refusait que son mari se prive de sa passion, même momentanément.

    La vallée qu'il longeait s'avérait giboyeuse. Son regard affûté comme le couteau fixé à sa cuisse perçut la pointe des oreilles d'un renard roux dissimulé dans la végétation. Il s'arrêta, voulant profiter du tableau. Le carnivore occupé à muloter ne l'avait pas entendu. Visiblement aux aguets, il se déplaça à pas feutrés avant de se ramasser sur lui-même. Puis, tel un ressort, il bondit à la verticale pour retomber sur le rongeur qui trottinait, ignorant le danger. Repas dans la gueule, le canidé s'apprêtait à décamper lorsqu'il prit conscience d'une présence. Les deux prédateurs s'observèrent quelques secondes puis, rassuré par le calme de son spectateur, le renard fit demi-tour, gambadant vers son terrier.

    Francis reprit sa marche tranquille. Une rivière sauvage traversait le domaine qu'il parcourait. Dans le lointain, deux versants boisés en fixaient les limites visuelles. La configuration et la biodiversité permettaient d'y chasser le petit gibier tout autant que le grand, en battue ou en approche.

    Il préférait la seconde méthode, plus respectueuse de la proie. L'humain contre l'animal.

    Dans la matinée, aux abords du cours d'eau il fut témoin d'un mouvement dans les fourrés. Abrité par le tronc d'un chêne, il ajusta ses jumelles et chercha la cause de l'agitation. Le feuillage frissonnait, des branches mortes craquaient. Entre les arbres toujours garnis de verdure, il aperçut une harde. Des biches pour certaines escortées de leur faon ruminaient tranquillement. À distance, un second groupe composé de hères et de daguets allait et venait sous le couvert.

    Francis sentit son sang bouillonner. Le grand mâle ne devrait pas être loin.

    Ses amis lui avaient signalé le douze cors dans le bois du haut, mais peut-être en avait-il été exclu par un adversaire robuste ce qui expliquerait qu'il se soit réfugié dans la plaine.

    Un brame sonore retentit immédiatement suivi d'une cavalcade. Pourtant, la saison des amours était close, les dominants s'étant entourés d'une troupe de femelles qu'ils gardaient jalousement, éloignant les autres prétendants. Le connaisseur décela un cri de défi, véritable provocation. Il s'agissait bien de cela. Un jeune cerf portant ses surandouillers déguerpissait devant le chef incontesté. L'intimidation avait suffi. Les braillements cessèrent. La quiétude revint.

    Le chasseur expérimenté avait eu le temps de détailler le leader. Il identifia un dix cors jeunement. Les balafres laissées par les affrontements prouvaient sa détermination à défendre son territoire et son troupeau.

    L'homme ne put réprimer une grimace de dépit. Certes, l'épisode auquel il avait assisté l'avait enchanté, mais il avait espéré se trouver face à celui qu'il traquait depuis deux ans. Il contourna le clan par un large détour afin que son odeur n'effraie pas les bêtes. Il lui faudrait donc poursuivre jusqu'au bois pentu pour avoir une chance de repérer le gibier convoité.

    Vers dix heures, le soleil dardait ses rayons obliques sur une terre encore humide. Tout bruissait de vie. L'eau clapotait dans son lit, les insectes bourdonnaient pompant l'ultime nectar, les oiseaux pépiaient.

    Francis s'approcha de la berge. L'été s'était montré sec et les pluies tardaient à regonfler le niveau des nappes phréatiques. Il découvrit un gué emprunté par la faune et transformé en souille, à voir les nombreuses empreintes d'ongulés. L'endroit fournissait les preuves d'une fréquentation assidue. Plutôt encourageant.

    Il s'offrit une pause. Assis, dos calé contre un bloc rocheux, il finissait un frugal encas lorsque son attention fut attirée par une nuée de rapaces tournoyant à trois cents mètres de sa position. Un comportement de charognards. Il se remit en route et comprit la raison du ballet aérien. Le cadavre d'un huit cors gisait dans l'herbe, à demi déchiqueté. Avait-il défié plus fort que lui ? Les ramifications de ses merrains servaient désormais de perchoirs aux intrépides bestioles. S'il avait combattu pour le droit de transmettre l'existence, c'est la mort qu'il avait récoltée.

    À proximité d'une parcelle de feuillus attenante à la colline dite du bois du haut, le chasseur trouva des rameaux bas dépourvus de pousses, broutés. Tous les sens en alerte, il déchiffra les indices en gravissant le coteau. Les signes dénonçant l'animal se multiplièrent. Ici, de l'écorce griffée arrachée par le frottement des perches. Là, une touffe de poils agrippés dans un taillis. Là-bas, des marques récentes : quatre doigts ongulés, un pied rond et fort, des pinces et côtés usés, des os rapprochés du talon, une sole sans creux, une allure élargie. Un relent de musc. Aucun doute n'était possible. Un cerf âgé hantait cette zone.

    Avec d'infinies précautions, le traqueur se laissa guider par les traces parsemées de fumées. Les excréments trahissaient le cervidé. Il le pista jusqu'à une clairière et se positionna sous le vent. Caché par la frondaison, les tempes battantes, il admira la largeur du chandelier, la forme doigtée des empaumures et les andouillers de massacre pointus comme des dagues. Il reconnut le douze cors - son douze cors -  à la cicatrice qui balafrait le poitrail. Il pesait bien deux cents kilos avec une hauteur d'un mètre quarante au garrot. Il le savait dangereux. N'avait-il pas chargé son père voilà deux ans, le blessant mortellement bien que celui-ci l'ait repoussé de son poignard ?

    La vengeance prenait corps. Il se voyait déjà disposer la brisée de dernière bouchée.

    Le télémètre pointa cent soixante mètres. Portée optimale.

    Le téléphone mobile vibra au fond de sa poche. Il n'en eut cure. L'instant ne se prêtait pas à la discussion.

    Le chasseur choisit de caler son arme sur une branche épaisse. La lunette parfaitement réglée lui présenta le mammifère pâturant de face paisiblement. Une femelle fit obstacle. Il s'en agaça. Déférent de l'usage, il voulait tirer une balle propre. Il attendrait d'en avoir l'occasion. Il leva son fusil et jeta un rapide coup d'œil sur le message reçu. Il en parut abasourdi et heureux à la fois.

    Perdu dans ses pensées, il réajusta sa cible. La vue se trouvait maintenant dégagée ; le mâle arrêté, de biais.

    Francis visa le cou, l'index sur la détente, prêt à déclencher le tir mortel.

    Il resta ainsi un moment, puis...

    – Bang ! hurla-t-il en gesticulant d'importance.

    Toutes les bêtes s'enfuirent, surprises par le son inattendu. Un formidable tohu-bohu dans les broussailles. Le cerf galopa à toute vitesse pour se dissimuler dans de profonds fourrés.

    – Je te gracie, cria l'homme, les mains en porte-voix.

    Visage serein, souriant, il arrangea son matériel sur ses épaules et redescendit dans la vallée.

    Plusieurs fois en chemin il relut le texte, source d'apaisement et d'un élan du cœur :

    « C'est un garçon ! »


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    Martine Gava-Massias nous propose cette année encore de visiter le Salon du livre de Saint Foy de Peyrolières (Haute-Garonne):

     

    UNE INVITATION

     


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    POÉSIADES DE MOULINS


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    JEAUX FLORAUX DU BÉARN

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