• 3ème MENTION POÉSIE NÉO-CLASSIQUE

    Le souhait

     

    Ah je voudrais toujours demeurer une enfant !
    Croire aux contes de fées et au prince charmant !
    Que la vie est un clown face auquel on peut rire,
    Face auquel le chagrin se transforme en délire ;
    Qu’en trempant mes deux pieds dans l’eau chaude du bain
    Une queue de poisson apparaîtra soudain ;
    Qu’il y a sous les lits, tapis dans leurs cachettes,
    Des monstres effrayants repoussés par les couettes.

    Imaginer m’enfuir pour chercher un trésor
    Et troquer mon cochon contre des lingots d’or,
    Me défendre en guerrière avec des sarbacanes,
    M’endormir sur le bois de petites cabanes,
    Rêver de devenir pompier ou médecin
    Pour éteindre des feux et créer un vaccin ;
    Diriger un navire, en être capitaine,
    Et prendre pour boussole une étoile lointaine.

    Penser que les lapins naissent dans un chapeau,
    Que le renne à Noël, en tirant le traîneau,
    Transporte les jouets toutes les fins d’années,
    Des hauts sommets lapons jusques aux cheminées ;
    Que les rêves parfois, qui viennent au sommeil,
    S’échappent de la nuit et restent au réveil ;
    Que la mort est pareille aux robots immobiles,
    Qu’il suffit de monter au Ciel mettre des piles.

    Ah comme je voudrais n’avoir pas à grandir !
    Devenir une adulte au regard sans plaisir !
    Me lever tous les jours et, le visage blême,
    Regarder chaque chose et y voir un problème !
    Ah si mes vœux dedans s’accomplissaient dehors,
    Si je pouvais choisir, je souhaiterais alors
    Que mon âme demeure à jamais ingénue,
    Car l’illusion vaut mieux que l’illusion perdue.

     

    Maeva RAJAONAH


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