•                     Si…

     

    Si les câlins étaient des feuilles,

    Je te donnerais la forêt.

     

    Si les baisers étaient de l’eau,

    Je te donnerais la mer.

     

    Si les mots étaient une page,

    Je te donnerais les livres.

     

    Si les secrets étaient silence,

    Je te donnerais le vent.

     

    Si l’amitié était la vie,

    Je te donnerais la mienne.

     

                  Mélanie Pichon

                    31 mars 2014


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  • Petite marguerite

     

    Petite marguerite, tu es si jolie

    Avec tes blancs pétales,

    Petite marguerite, hélas ! Les jours passent

    Et fanent les couleurs…

     

    Ô pauvre marguerite ! Tu es si jolie

    Mais prends bien garde à toi,

    Dans le jardin bientôt les humains vont venir,

    Vite ! Cache-toi ! Vite !

     

    Petite marguerite, ils voudront te cueillir,

    Arracher tes pétales,

    Et sur ton cœur tout nu, petite marguerite

    Ne resteront que pleurs.

     

    Petite marguerite, ils sont enfin partis.

    Vite, sors de ton abri !

     

                   Mélanie Pichon (petite-fille de J. Escorihuela)

                      9 avril 2014


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  • L’avoir pour elle

     

    L’immaculé drap blanc ressuscite au lavoir

    Détaché prestement dans un bac solitaire

    Le battoir articule un curieux au revoir

    Cognant aux bords de pierre et la nuit meurt sur terre

     

    La lavandière entend les bâillements d’aurore

    Frottant ses yeux son linge en labeurs peu touchants

    Le bassin se remplit tout devient plus sonore

    Le soleil la séduit son amour part aux champs

     

    L’avoir pour elle Hortense a fait ce rêve immense

    Sa robe au blanc nuptial et François son aimé

    Déjà veuve et sujette aux accès de démence

    Son destin se conjugue au futur embaumé

     

    Guy Reydellet

     


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  • ENTRE HIER ET AUJOURD'HUI

     

    Je me suis endormie auprès du vieux lavoir ;
    Mon rêve au fil de l'eau n'était plus solitaire :
    Toutes les fleurs des champs qui poussaient sur la terre,
    En avaient profité pour me dire au revoir...


    Surprise, à mon réveil, que rosisse l'aurore!
    Bleuets, coquelicots, ne paraient point les champs ;
    Pourtant je les ai vus, pressés, à bouts touchants ;
    Pour moi le coq doré n'eut pas d'appel sonore...

    Par le froid engourdie,  hier l'air embaumé
    Avait repris son vol dans la vallée immense ;
    Je partis comme un trait, en craignant la démence,
    Rejoindre au creux du lit les bras du bien-aimé...


                                                   Germaine CARTRO


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  • Adieu à la ferme

     

     

    J'ai trouvé ce matin, prenant la clé des champs,

    Un petit personnage, un joli ver de terre ;

    Il avait pour copain un grand ver solitaire,

    Ils s'aimaient tous les deux, comme ils étaient touchants.

     

    Ils s'étaient égarés dans la campagne immense,

    Se laissant étourdir par un air embaumé ;

    Le ténia suivait le lombric tant aimé,

    Qui aurait pu sombrer, sans lui, dans la démence.

     

    Ils s'étaient rencontrés au bord du grand lavoir

    Ensemble avaient dormi du soir jusqu'à l'aurore,

    Puis s'étaient exclamés d'un grand rire sonore :

    « Ce grand coq, oh jamais, ne pourra nous revoir !»

     

    Dominique Kirchner


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