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    Complainte de l’orphelin


    Dans quelle main d’amour poserai-je la mienne
    Pour gravir le sentier qui mène à l’horizon,
    Malgré l’obscurité mutique et bohémienne,
    Impuissante à prédire une heureuse saison ?

    Juste après que le drame eut détruit ma famille,
    J’ai couché le chagrin dans les bras du sommeil.
    Depuis, chaque matin, le vent d’est éparpille
    Des adieux, sur mon front, torture sans pareil.

    Car, ne reviendront plus mon père, ni ma mère,
    Comme si la marée avait tout emporté :
    Leur visage, leur voix, cette vie éphémère.
    Reste le souvenir, ma seule vérité.

    Sur le sable où s’écrit mon avenir d’écume,
    Les coquillages blancs chuchoteront leur nom
    Pour une éternité qui chassera la brume
    En faisant chavirer ses vagues de linon.

    Le noir s’est imposé dans mon livre d’images,
    Mes crayons de couleur se cachent pour mourir,
    Même si le printemps livre ses témoignages
    De joie et de soleil aux larmes de saphir.

    Mille vergers d’avril perdent leur poésie,
    Quand la fenêtre vêt ses longs crêpes de deuil.
    La peur du lendemain, de la nuit, le sosie,
    Verrouille ma chaumière et campe sur le seuil.

    Mais bientôt, le futur verra l’aube nouvelle
    Semer de cœurs dorés l’île du Pour Toujours,
    Qui, par humanité, me prendra sous son aile
    Où m’attend, pour l’hiver, un berceau de velours.


    Marilène Meckler

    Tiré du recueil « Ces lumineux voiliers de l’âme »


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